En français

Olivier Salon – Extrait de l’interview

Quand Olivier Salon a accepté de me recevoir pour un entretien autour de son travail, je savais que j’allais rencontrer un écrivain Oulipien qui est aussi un acteur, mais je ne me doutais pas que j’aurai aussi en face de moi un traducteur. J’ai trouvé passionnante l’analyse que fait Olivier Salon de son travail de comédien et le parallèle qu’il dresse entre le fait de dire un texte et de le traduire, dans ce passage de l’écrit à la langue parlée. Dans le clip ci-dessous, il parle plus particulièrement des répétitions pour l’adaptation théâtrale de W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec où il a tenu le rôle principal. Il décrit les problèmes auxquels il s’est trouvé confronté comme acteur mais aussi en tant qu’écrivain Oulipien qui tient aux contraintes d’un –grand- texte.

J’ai d’ailleurs trouvé très intéressant que les problèmes qu’il signale comme les plus importants dans la transformation d’une matière dans une autre, ce passage de l’écrit au parlé, soient les mêmes que ceux identifiés par Ian Monk quand il parle de son travail de traducteur du français vers l’anglais (voir le clip ici )

Comme mes lecteurs le savent, c’est le poème d’Olivier Salon Cri printanier, antonymie de la Chanson d’Automne de Paul Verlaine qui a inspiré l’œuvre que j’ai créée pour Cities after hours. Dans ce clip, il aborde une autre contrainte oulipienne, le « Beau présent », et explique de quelle manière il l’a utilisée dans ses poèmes ainsi que les difficultés qu’elle lui a posées. Comme on s’en doute, que du bonheur et plein d’idées nouvelles sur lesquelles travailler pour moi !

Ian Monk – Extrait de l’interview

Aujourd’hui, c’est un extrait de l’interview avec Ian Monk, Oulipien britannique et traducteur, que je mets en ligne.

J’étais très contente qu’il accepte de venir chez moi pour cet entretien après un long voyage depuis le Canada. Ian Monk écrit ses oeuvres dans les deux langues sur lesquelles j’ai choisi de travailler pour ce projet, et il a de plus traduit en anglais de nombreux textes d’écrivains Oulipiens français.

Comme il l’explique ici avec beaucoup d’humour, au début de sa carrière, il écrivait seulement en anglais, mais après de nombreuses années passées en France, il s’est decide à écrire aussi en français. Il a meme un ouvrage rédigé dans les deux langues.

J’étais particulièrement intéressée par son experience de traducteur: Ian Monk a traduit nombre de ses collègues de l’Oulipo : Georges Perec, Jacques Roubaud et deux écrivains que j’ai aussi interviewés pour ce projet, Hervé Le Tellier et Frédéric Forte. Il livre ici son point de vue sur le travail du traducteur et dans le passage que j’ai choisi il développe un parrallèle entre contrainte et style particulièrement éclairant.

 

Marcel Benabou – Extrait de l’interview

Je suis aujourd’hui particulièrement heureuse de mettre en ligne un extrait de l’interview de Marcel Bénabou « secrétaire définitivement provisoire « et « »secrétaire provisoirement définitif  » de l’Oulipo. Il a été le premier des écrivains Oulipiens à se prêter à cet exercice, et je l’en remercie !

Marcel Bénabou donne ici quelques clés importantes pour mieux comprendre son travail d’écrivain. Il explique ce qu’est pour lui la matérialité du texte et surtout son travail avec les mots. On verra comment il manipule réellement les mots, dans tous les sens, comme des objets, mais aussi comment il joue sur le sens ou les sens des mots et des signes qui les composent. Les exemples qu’il donne sont tirés de son livre « Pourquoi je n’ai écris aucun de mes livres », titre déjà en lui-même plein d’humour et qui nous interpelle sur ce que c’est que l’acte de produire un texte. Cela m’a donné à moi aussi la possibilité de m’amuser un peu dans le montage, et de mettre en images ses jeux avec les signes de l’alphabet.

 

Journée d’études sur Paul Fournel à L’Université de Pau

Le 27 avril dernier, j’ai présenté pour la première fois l’intégralité de mon interview de Paul Fournel à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour qui lui consacrait une journée d’études sous le très joli titre de « Paul Fournel, goûteur de formes ». C’était bien trouvé car P. Fournel vient de publier un livre sur son goût pour la bonne chère, Le Bel Appétit.

Cette journée était organisée par Mmes Bérengère Moricheau-Airaud et Vanessa Loubet-Poëtte. Il s’agissait de fêter Paul Fournel, président du jury du prix Heptaméron qui récompense tous les deux ans de jeunes écrivains en herbe.

Cette journée m’a permis de présenter mon projet Translation, Transcription à un public nouveau et j’ai également eu le plaisir de rencontrer Eliana Vicari, traductrice et écrivain membre de L’OpLePo (Italie) qui a prononcé la communication d’ouverture.

Dans l’interview, Paul Fournel répondait à mes questions sur les rapports de L’Oulipo à la langue anglaise, des liens étroits établis au sein de l’Oulipo avec les écrivains anglophones et de l’intérêt constant des écrivains Oulipiens pour l’anglais depuis la fondation de l’Ouvroir.

Les détails qu’il donne sur La Liseuse qui venait de paraître en Grande-Bretagne (extrait que vous trouverez dans ce même blog), et de ce qu’est pour lui la matérialité de l’écriture ont nourri mon propre travail artistique. J’ai ainsi profité de cette occasion pour montrer la série d’œuvres que j’ai réalisées à partir de La liseuse. C’était d’ailleurs la première fois que Paul Fournel les voyait !

The Reader/La liseuse

matériaux mixtes, a partir du livre The Reader/La liseuse de Paul Fournel, Leverhulme Trust, UCL, UK 2015

Je termine ce post avec une note très personnelle : Pau est la ville de mon enfance et j’ai bien connu l’Université à cette époque. C’était un plaisir tout spécial de retrouver le bâtiment de la « Faculté des Lettres » dont l’architecture moderne (due à l’architecte André GREZY) est particulièrement belle.

 

 

Frédéric Forte – Extrait de l’interview

Comme promis, voici le second extrait des interviews que j’ai réalisées l’hiver dernier à Paris.

J’ai rencontré Frédéric Forte alors qu’il avait fini de travailler sur l’édition anglaise de son recueil de poèmes « Opéras-Minute », lequel vient d’être publié sous le titre Minute-Operas en janvier aux Etats-Unis. C’est après la parution de cet ouvrage en France en 2005, que FF a été coopté membre de l’Oulipo.

Dans cet extrait, Frédéric explique ses méthodes d’écriture et son approche de la matérialité du texte. Frédéric a beaucoup à dire à ce propos et vous verrez combien son utilisation de Word peut être passionnante. Ses expériences avec des fonctions toutes simples du logiciel Word comme « formes » et « trait » créent des poèmes très graphiques. La matérialité du texte peut sembler un concept obscur à beaucoup et je trouve que ses poèmes rendent cette matérialité particulièrement visible.

Frédéric Forte évoque également les problèmes spécifiques que lui et le groupe de traducteurs d’Opéras-minute ont rencontré dans la version anglaise. Ils ont du ainsi être attentifs non seulement à l’exactitude des mots ou leur place mais aussi en particulier à la longueur de chaque poème ainsi qu’à l’espace qu’il occupe ans la page.

Si vous désirez en savoir plus sur cette traduction à l’anglais, pour la parution de Minute-Operas Jacket2 a publié un compte-rendu très original, écrit dans le style des poèmes de Frédéric Forte, que vous pouvez lire ici : http://jacket2.org/reviews/objects-motion

Jacket2 est une revue multimédias en ligne qui traite de poésie moderne et contemporaine et qui est installée à Philadelphia. J’ai été très heureuse lorsqu’ils m’ont contacté pour me demander l’autorisation d’utiliser la photo de Frédéric que j’avais publié dans ce blog le 15 avril 2015. Écrire un blog provoque vraiment des rencontres inattendues et de beaux échanges.

 

Paul Fournel – Extrait de l’interview

Comme je l’ai déjà raconté dans ce blog, j’ai eu la chance d’interviewer plusieurs écrivains de l’Oulipo. Ils m’ont longuement parlé de leur relation à l’écriture et à la traduction de leurs œuvres.

Voici donc un premier extrait de l’entretien avec Paul Fournel, président de l’Oulipo.

Il parle de son livre La Liseuse, dont la traduction anglaise, sous le titre Dear Reader, est parue lors de ma résidence. J’étais particulièrement contente de disposer de la version anglaise de ce texte ce qui me permettait de l’inclure dans le corpus du projet « Translation Transcription, Oulipian Art from French to English ».

Prof. Tim Mathews a fait la traduction pour les sous-titres en anglais.

Paul Fournel détaille les contraintes qu’il avait choisies pour ce livre et commente le travail accompli par le traducteur, David Bellos.

Je posterai dans les mois qui viennent d’autres extraits de ces belles rencontres.

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Une nouvelle contrainte : Exposition 12 cm

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aaaaLe 18 décembre, juste une semaine avant Noël, a eu lieu à, au Pays Basque espagnol, le vernissage de l’exposition 12 cm. C’était la 20ème édition du projet 12 cm et j’ai été très heureuse d’y avoir été invitée. Plus de 170 artistes de différents pays y ont participé. Ce fut un beau vernissage avec une très belle ambiance.

aaaaAprès Paisaia, l’exposition se tiendra à Hendaye, Pays-Basque français, du 25 janvier au 15 février 2016.

J’ai présenté deux œuvres sous contrainte : les côtés des œuvres ne pouvaient dépasser 12 cm.

Les deux travaux que j’ai présentés sont très différents, car je voulais explorer toutes les possibilités que m’apportait cette contrainte.

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CityGraffiti-Pasaia2015

La première œuvre, que je montre ici, est basée sur un travail antérieur que j’avais réalisé, à Londres, pour Cities after Hours, « la ville dans l’obscurité », conçu à partir du poème d’Olivier Salon “Cri printanier”. J’ai utilise le même matériel pour présenter une autre ville qui devait tenir dans une boîte de 12 cm. Cela m’a permis de créer un effet de perspective et de profondeur original, grâce à cette nouvelle contrainte. Et j’ai utilisé différemment mes signes : ici, il n’y a plus d’évocation de lettres dans un poème, mais le rappel des graffiti dans la ville moderne.

Après avoir exploré la perspective et la profondeur, j’ai mené, pour ma deuxième œuvre, une recherche sur le volume.

RosePasaia

Roses-Pasaia2015

Là encore, je me suis appuyée sur une installation précédente, beaucoup plus grande, composée de 60 roses, que j’avais présentée au festival culturel franco-chinois de Chengdu, il y a quelques années. Mes roses, en papier de Chine et recouvertes de mes signes, m’ont été inspirées par les roses de porcelaine que Madame de Pompadour avait commandées à la manufacture royale de Sèvres, pour les offrir à Louis XV. A l’intérieur de l’espace de 12 cm déterminé par la contrainte, j’ai réussi à placer trois roses, toutes différentes, l’une ornée de signes fins, une autre avec des signes plus épais, et la troisième, qui avait déjà des signes différents, je l’ai peinte, partiellement, à l’encre rouge. Comme les roses sont, dans la tradition occidentale, le symbole de l’amour, les signes transforment chaque fleur en un petit poème amoureux.

Cette nouvelle contrainte m’a donné la possibilité de continuer à explorer de nouveaux espaces interculturels et d’avancer dans les expériences esthétiques entreprises lors du projet Leverhulme Trust.

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De retour

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Festival of Art Slade School, UCL, 2015

Mon exposition à UCL a débuté 48 heures avant la journée consacrée aux« Artists in Residence », dans le cadre du May Festival of the Arts, au cours duquel j’ai fait une présentation de mon travail à UCL depuis octobre dans le cadre de la Leverhulme Trust Grant.

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Marcel Benabou, Ucl, 2015

Ceux qui n’avaient pu être là pour le vernissage ont demandé des visites supplémentaires et j’ai été très heureuse de les accompagner. En particulier, Marcel Benabou, de l’Oulipo, venu voir ce que j’avais fait avec ses Chats.

 

Le temps pressait, mais j’ai réussi à filmer Ross Tomlinson, qui a lu des passages de «Besoin de vélo » de Paul Fournel, en anglais et en français. J’ai pu, aussi, commencer à monter les interviews. Mais il m’a fallu m’occuper de mon retour à Paris !

J’ai essayé de donner autant de nouvelles que possible sur ma page Facebook professionnelle, j’ai posté des photos du vernissage, de la visite de Marcel, de Ross montant à bicyclette et de l’épopée du déménagement…

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12 cm.

Après de bonnes vacances, me voici à Paris. Mais le repos n’a pas duré, car j’ai été invitée à participer à une exposition collective au Pays Basque. Elle a pour titre « 12 cm. ». Il s’agit de proposer deux œuvres qui ne doivent pas dépasser cette dimension. Une belle contrainte !

J’y serai la semaine prochaine et vous écrirai bientôt pour vous donner d’autres nouvelles.

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Le 18 mai 2015 à 18h30, l’acteur Ross Tomlinson lira des extraits d’écrivains Oulipiens

Ce lundi, lors du vernissage de l’exposition,

Actor Ross Tomlinson

Actor Ross Tomlinson

l’acteur Ross Tomlinson

lira des extraits de textes oulipiens : Les Chats de Marcel Benabou (ainsi que le poème de Baudelaire), un extrait de « Besoin de vélo » de Paul Fournel et deux passages d’Electrico W d’Hervé Le Tellier.

Je suis très heureuse que Ross, qui est également étudiant au Département de Français, ait accepté de participer !

Non seulement il est un excellent acteur, mais il parle aussi un français remarquable. Il lira les différents textes dans les deux langues, français et anglais, ce qui est très important, car mon projet est basé sur les différences dans la matérialité de l’écriture, lors du passage d’une langue à l’autre. Le public pourra ainsi comprendre plus aisément ce qu’est le travail des oulipiens et en quoi consiste mon propre travail sur les textes oulipiens et leurs traductions en anglais.

J’espère que vous pourrez tous être là !

Vernissage Monday May 18th at 6pm.

Foster Court

Room 131

Department of French

University College London

LONDON WC1E 6BT

Foster Court

Foster Court

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Between the Lines : Prof. Timothy Mathews

Le professeur Timothy Mathews, avec qui je fais ce projet à UCL, a créé Between the Lines. Il s’agit d’une série d’entretiens sur la traduction avec des écrivains, des traducteurs et des critiques que vous pouvez écouter ici en podcast:

Between the Lines : 

Ces conversations sont passionnantes pour tous ceux qui s’intéressent à la création artistique et à la littérature, puisqu’un des principaux centres d’intérêt de Tim Mathews est justement la traduction de l’image en mot(s) et en texte(s).

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« Les Chats » 2 : Traduction du Dr. Patterson

Ce projet me permet de faire de nouvelles rencontres qui donnent naissance à des collaborations inattendues.

L’année dernière, en préparant ce projet, j’ai rendu visite à Ian Patterson, Fellow de Queen’s College, à Cambridge. Spécialiste de la littérature contemporaine, Ian Patterson est aussi traducteur.

La conversation a roulé sur Les Chats, le poème de Marcel Benabou. Dans ce texte très oulipien, Marcel Benabou utilise une contrainte appelée « alexandrin gréffé » qui consiste à emprunter un hémistiche à un auteur et à compléter le vers en empruntant l’hémistiche suivant à un autre poète. Pour ce poème, Les Chats, Marcel Benabou a gardé tous les premiers hémistiches du poème homonyme de Baudelaire, et a choisi ensuite des vers de Mallarmé, Victor Hugo, Ronsard et d’autres poètes de la même trempe.

Ian Patterson avait proposé de faire la traduction de ce texte et dernièrement, je lui ai écris pour lui demander s’il voulait toujours s’en charger. A ma grande joie, en 24 heures, il m’a envoyé une traduction magnifique qu’il m’autorise à publier sur ce blog. Il a également rédigé une notice de présentation et la série de références qui donnent les clés de sa traduction. Je recopie donc ci-dessous ce qu’il m’a envoyé :

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 Ian Patterson

La version oulipienne est, du point de vue technique, une « interférence » avec l’original baudelairien. Elle utilise des fragments de textes de Baudelaire, Hugo, Ronsard, Lamartine, parmi d’autres, pour construire le second hémistiche de chaque alexandrin. J’ai donc fait appel à un groupe semblable de poètes anglais, que j’ai souvent choisis dans le « Golden Treasury », car cette anthologie de poésie anglaise a longtemps été la plus lue. Pour le premier vers du second quatrain, j’ai placé l’hémistiche choisi au début plutôt qu’à la fin du vers ; mais ailleurs, j’ai toujours respecté le schéma du texte source. Voir ci-dessous, pour la clé de mes sources.

a

CATS

Marcel Bénabou

Passionate lovers of full many a glorious morn

Are equally attached even to the zenith’s height

To silky cats and cats whose coat or ear were torn

Because they’re sensitive shrouded in deadly night

Close bosom friends of thought and of Pasiphaé

They seek out silence and la Belle Dame Sans Merci

Erebus might have claimed them when they’re old and grey

If they had deigned to look to darkness and to me

Stretched out asleep they dream with more than flinty rage

Of the great sphinxes seen by the dying of the light

Which seem to fall asleep upon a poet’s page

Their fertile loins are full when all the woods are green

And particles of gold drawn from the black bat night

Sparkle in their eyes and leave the world unseen.

trans Ian Patterson, 19-20 March 2015

a

Les Clés du poème : 

Passionate lovers of full many a glorious morn William Shakespeare

Are equally attached even to the zenith’s height Percy Bysshe Shelley

To silky cats and cats whose coat or ear were torn T.S.Eliot (almost)

Because they’re sensitive shrouded in deadly night Thomas Campion

Close bosom friends of thought and of Pasiphaé John Keats

They seek out silence and la Belle Dame Sans Merci John Keats

Erebus might have claimed them when they’re old and grey W.B.Yeats

If they had deigned to look to darkness and to me Thomas Gray

Stretched out asleep they dream with more than flinty rage Thomas Campion

Of the great sphinxes seen by the dying of the light Dylan Thomas

Which seem to fall asleep upon a poet’s page Thomas Hardy

Their fertile loins are full when all the woods are green Ballad

And particles of gold drawn from the black bat night Alfred, Lord Tennyson

Sparkle in their eyes and leave the world unseen. John Keats

A

Interviews des écrivains Oulipiens à Paris

A

Je suis à Paris pour continuer la série d’interviews des écrivains de l’Oulipo.

Ce mois-ci je filme Olivier Salon et Frédéric Forte. En février, Marcel Benabou, Paul Fournel, Ian Monk et Hervé le Tellier ont très gentiment accepté de répondre à mes questions sur leur pratique de l’écriture et sur la traduction.

Les thèmes abordés dans les entretiens sont : la matérialité du texte, la façon de travailler de chacun, et surtout leur expérience de la traduction. Tous m’ont répondu de façon très personnelle. Marcel Benabou travaille avec son traducteur, pour lui expliquer les contraintes qu’il a utilisées, et relire avec lui le “nouveau” texte quand il maîtrise la langue étrangère.

Le livre de Paul Fournel, Besoin de Vélo, a été traduit deux fois en anglais :  en raison des différence de vocabulaire pour parler de la « petite-reine » de chaque côté de l’Atlantique, il a fallu faire deux versions, une pour les Etats-Unis et une autre pour la Grande-Bretagne.

L’expérience d’Hervé le Tellier a plus à voir avec la différence de référents culturels : son traducteur grec pour Joconde jusqu’à cent lui a proposé de remplacer la Joconde par le discobole, qui a la même importance en Grèce que Mona Lisa en France.

Ian Monk Oulipien anglais vivant à Lille (France) mène en parallèle une activité d’écrivain bilingue et de traducteur. Il a en particulier traduit en anglais Les Revenentes de Perec. Pour lui, il est clair que Plouk Town (le titre est trompeur), livre qu’il a écrit en français, et qui est ancré dans la banlieue de Lille, ses paysages, son langage, devrait être complètement transformé pour que la version anglaise corresponde à ce qu’il a cherché à faire.

Dans le prochain post, sur la traduction par le professeur Ian Patterson des Chats de Marcel Benabou, je reviendrai sur toutes ses questions.

Le montage des interviews prend beaucoup de temps, mais j’espère pouvoir les poster très bientôt.

A

MERCI A TOUS!

Le 5 Mars à 17h, Conférence au Département de Français de UCL

mots

Un grand merci à tous ceux qui sont venus assister à ma conférence jeudi dernier.

Poster for the Reasearch Seminar at the Department of French at UCL. Thank you Ruth Austin for the poster!!!

Poster for the Reasearch Seminar at the Department of French at UCL.
Thank you Ruth Austin for the poster!!!

J’ai été ravie de pouvoir présenter mon travail, et ce que j’ai déjà réalisé

pour le projet Leverhulme Trust sur l’Oulipo en partenariat avec le professeur Tim Mathews, au département de français et aux autres membres de UCL qui y sont également associés.

La session de « portes ouvertes » a eu lieu dans le bureau de Tim, où je travaille. Pouvoir montrer mes dessins, mes autres réalisations et les éléments sur lesquels je travaille en ce moment m’a permis de mieux expliquer les différentes étapes par lesquelles je suis passée dans cette recherche.

Before the open-door and the Research seminar at UCL, Department of French.

Before the open-door and the Research seminar at UCL, Department of French.

Department of French at UCL.

Department of French at UCL.

A

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Camille Bloomfield et Claire Lesage , commissaires de l’exposition “littérature en jeu(x)” à la Bibliothèque de l’Arsenal.

A

Gallery of portraits of Oulipo writers.

Gallery of portraits of Oulipo writers.

Lors de mon dernier séjour à Paris, j’ai eu la chance de filmer à la Bibliothèque de l’Arsenal les deux commissaires de l’exposition sur l’Oulipo, Camille Bloomfield et Claire Lesage. C’était un vrai privilège d’avoir accès aux salles en toute tranquillité avant l’ouverture aux visiteurs. L’exposition a suscité un réel intérêt de la part de la presse, et a connu un très grand succès public.

Exhibition

Exhibition « La littérature en jeu(x). Bibliothèque de l’Arsenal, Paris.

La Bibliothèque de l’Arsenal possède un fond exceptionnel sur l’Oulipo, puisqu’une large partie des archives du groupe y est déposée.

Dans le cadre de ma série d’interviews sur l’Oulipo, je désirais interroger les deux commissaires sur leur façon de traiter la question de la matérialité des textes Oulipiens dans l’exposition. Elles m’ont ainsi expliqué le travail qu’elles ont accompli avec les scénographes, et nous avons beaucoup parlé des jeux Oulipiens qu’elles ont fait installer. Le public était invité à jouer à plusieurs jeux avec des mots ou des phrases imprimés sur des supports de bois ou des tissus plastifiés. Je dois dire que ces jeux étaient très réussis esthétiquement.

Camille B. et Claire L. sont aussi les responsables du catalogue – aujourd’hui en rupture de stock chez l’éditeur !- et elles ont cherché à en faire un objet le plus Oulipien possible, en intégrant des jeux de découpes dans la couverture, et grâce à des textes originaux, spécialement rédigés par les Oulipiens pour le catalogue (reconnaissables grâce à un code couleur jaune).

Je mettrai bientôt des extraits de cette interview en ligne : watch this space !

Catalogue Exhibition

Catalogue Exhibition « Littérature en jeu(x) », Bibliothèque de L’Arsenal, Paris

Catalogue Exhibition

Catalogue Exhibition « Littérature en jeu(x) », Bibliothèque de L’Arsenal, Paris

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Le succès de cette exposition est bien mérité, Camille B. et Claire L. et leur équipe ont relevé le défi de mettre en scène des manuscrits, des livres et des objets qui n’étaient pas destinés au musée, et à rendre l’expérience ludique et joyeuse.

L’exposition “littérature en jeu(x)” s’est tenue à la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris du 18 novembre 2014 au 15 février 2015. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le dossier de presse : http://www.bnf.fr/documents/dp_oulipo.pdf

Voir également le site de la BNF

AAA

Pigeaud à propos de Théroigne

Pour ce projet, j’ai inteviewé des écrivains, des historiens de l’Art, des traducteurs et des artistes plasticiens qui se sont exprimés sur la matérialité de l’écriture dans les textes littéraires et sur la traduction. 

Pigeaud à propos de Théroigne

 TapaLibroLe professeur Jackie Pigeaud a accepté de parler de son très beau texte sur la fascinante et étrange « lettre-mélancolie » de Théroigne de Méricourt. Dans cette analyse vraiment remarquable, Pigeaud explique que le sens de la
PortraitJPigeaudRess lettre (la mélancolie) est en réalité manifeste pour le lecteur qui n’a pas vraiment besoin de la LIRE et de comprendre chaque mot. Non seulement j’ai été étonnée de constater combien l’approche du professeur Pigeaud faisait écho à mon propre travail artistique, mais j’ai aussi été profondément touchée par la beauté de la lettre de Théroigne et, en particulier, par les effets de transparence et d’opacité produits par l’encre qu’elle utilise.
Théroigne, une des grandes héroïnes de la Révolution Française, a écrit cette lettre en 1801, alors qu’elle était enfermée à la Salle Salpêtrière pour une maladie mentale dont elle souffrait depuis déjà plusieurs années.
Je posterai bientôt l’interview du professeur Pigeaud que je dois monter avec à l’aide du Communications Department d’UCL.
Maïté Bouyssy  a publié dans Annales de la Révolution Française un compte-rendu de l’édition de la lettre de Théroigne de Méricourt avec l’étude que lui consacre Jackie Pigeaud  : http : //ahrf.revues.org/6643

Margarita SAAD

OuLiPo, C’est quoi?

OULIPO : Ouvroir de littérature potentielle

Ouvroir : mot ancien en français pour designer un atelier, un lieu de travail.

De littérature potentielle : mettre en lumière et en œuvre les potentialitiés littéraires d’une contrainte, d’une figure réthorique, d’une forme poétique ou linguistique (anagramme, palindrome, lipogramme)

L’OuLiPo se définit d’abord par ce qu’il n’est pas :

• Ce n’est pas un mouvement littéraire.

• Ce n’est pas un séminaire scientifique.

• Ce n’est pas de la littérature aléatoire.

C’est un groupe d’écrivain dont certains sont aussi des mathématiciens, historiens, traducteurs, spécialistes d’autres disciplines…

« Et un AUTEUR oulipien, c’est quoi  ?

C’est « un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir ».
Un labyrinthe de quoi  ? De mots, de sons, de phrases, de paragraphes, de chapitres, de livres, de bibliothèques, de prose, de poésie, et tout ça… »

Ce texte est largement inspiré par la présentation de L’OULIPO sur le site du groupe.

Oulipiens?

Mille mercis à Paul Fournel qui a eu la gentillesse de me permettre de publier cette magnifique photo du groupe Oulipien dans mon blog.

La « Galaxie Oulipienne » sert de toile de fond aux présentations du groupe durant les  « Jeudis de l’Oulipo » chaque mois à la Bibliothèque Nationale de France (Paris).

Galaxie OuLiPo

Margarita saad 

Qui suis-je?

Je ne suis pas une théoricienne, je suis une praticienne de l’art.

Artiste franco-uruguayenne, je navigue depuis mon enfance entre deux langues et deux cultures.

J’aime explorer l’universalité du signe dans une démarche interculturelle.

Ce projet artistique me permet de continuer ma recherche sur la matérialité du texte, le mystère et le jeu.

Voilà comment je peux réfléchir :

Les deux chats qui illustrent mon blog.

Pourquoi deux chats se regardent-ils comme s’ils étaient non pas des chats, mais des chiens de faïence?Exif_JPEG_PICTUREJe pourrais essayer de remonter à l’époque Egyptienne, ou le chat aide au passage vers l’autre monde (ici nous pourrions donc comprendre du texte source au texte cible)… Cette idée m’est venue beaucoup plus tard!

La vérité, c’est que je suis tombée sur un poème de Marcel Bénabou qui s’amuse avec le poème de Charles Baudelaire « Les chats » (nous verrons plus tard quelques variantes de mon travail sur ce poème). Et je me suis moi aussi amusée avec les chats. Si vous regardez bien ils sont composés de signes plus ou moins différents avec des grosseurs différentes aussi. Donc une idée simple, le texte source d’un côté, le texte traduit de l’autre (qui lui ressemble mais qui est différent).

Pour finir, le chat est l’animal habituellement associé à l’écrivain.

Je trouvais donc amusant de prendre le chat pour illustrer mon propos.

En savoir plus sur mon site web : http://margaritasaad.wix.com/plasticienne

Blog1foto

« Translation, Transcription : Oulipian Art, from French to English »

Je suis « Artist in Residence » – Leverhulme Trust Grant 2014-2015 – pour réaliser un projet artistique à UCL en collaboration avec le Professeur Timothy Mathews du French Department ainsi qu’avec le département de traduction dirigé par Jorge Días-Cintas.

Je m’appuierai sur les textes Oulipiens originaux et leur traduction. Je me propose de réaliser leurOulipo
translation en peinture, en sculpture ou en installation. Les échanges intellectuels, qui sont au centre du projet, me permettront d’enrichir ma réflexion au sein de UCL sur ce travail plastique.

Je publierai des posts régulièrement pour vous faire vivre le déroulement de cette résidence et partager mes découvertes, mes rencontres et mes réflexions sur la Translation et la traduction de quelques textes Oulipiens.
Je posterai aussi des vidéos d’illustres Oulipiens, de spécialistes de la traduction et de l’Oulipo, des spécialistes de l’histoire de l’art.
J’espère que vous serez nombreux à visiter ce blog: j’attends vos commentaires!

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